La visite de l’exposition permanente du Musée départemental du Textile permet au visiteur de découvrir toute la richesse et la complexité de la création textile locale. La visite est aussi un moment d’immersion dans le monde de la haute-couture grâce aux étoffes, fils et coloris présentés, et permet de découvrir les procédés nécessaires à l’élaboration d’une étoffe de laine cardée, depuis la matière première jusqu’à l’ennoblissement du tissu.

La muséographie privilégie au rez-de-chaussée une ambiance très minérale grâce aux grandes dalles de grès originelles de l’usine. On y découvre les étapes de fabrication d’une étoffe déclinées par atelier : FILATURE, TEINTURE, TISSAGE, APPRETS.

La salle de filature

On part des matières premières d’origine végétales (coton, lin) ou animales (alpaga, chameau, soie, cachemire, mohair, angora...) disposées dans des paniers afin que le visiteur puisse apprécier les différents "touchers". Un ensemble de plantes tinctoriales, telles que le pastel et la garance, permettent d’appréhender la teinture végétale. Les différentes matières premières sont par la suite utilisées en mélange pour la fabrication du fil, après avoir été brassés par le "loup", transformées en voile de laine par la "carde à échantillonner" et en fil retors grâce à la "doubleuse-retordeuse". Des appareils de mesure permettent d’apprécier la qualité du fil par son titrage, sa résistance, son élasticité et sa torsion. Enfin, toute une gamme de fils fantaisies manufacturés à Labastide-Rouairoux tels que la bouclette, le tweed, la flammé, atteste de la créativité locale, renommée sur le plan international.

Le laboratoire de teinture

Après cette première étape de transformation des fibres textiles en fil, le visiteur est orienté vers le laboratoire de teinture où il peut découvrir toute la complexité du métier de teinturier et la fantasmagorie des coloris utilisés en teinture grâce aux échantillons de coloris issus de l’échantillonnage de différentes entreprises du département ; autoclaves et barques de teintures permettent d’expliquer le procédé de teinture tandis que les équipements de laboratoire (chambre à lumière, appareils de mesure de la résistance...) permettent d’expliquer les batteries de tests que subit une nuance avant d’être approuvée et appliquée sur une étoffe.

 
La salle de tissage

Le visiteur découvre ensuite la salle de tissage sous verrière. Des fromages ou bobines de fils fantaisie aux couleurs chatoyantes y alimentent un cantre à partir duquel les fils de chaîne s’enroulent autour d’un ourdissoir, puis sur un ensouple. Afin que le tisserand gagne du temps, les fils de chaîne sont réunis grâce à une machine à nouer. Deux métiers à tisser à navettes des années 1950 produisent des étoffes de haute-couture, élaborées à partir des mêmes fils disposés sur le cantre à l’entrée de la salle. Deux canetières enroulent ensuite les fils de trame sur des canettes. Une superbe collection de navettes retrace l’évolution de cet outil, depuis l’époque du tissage manuel jusqu’au tissage mécanique. Une visiteuse permet de contrôler le tissu pour vérifier si au niveau du tissage la pièce ne présente pas de défauts. A la sortie de la salle de tissage, une machine à broder marque les numéros des pièces sur le tissu.

La salle des apprêts

La visite se poursuit dans la salle des apprêts où l’on découvre la métamorphose d’un tissu brut sorti du tissage jusqu’à son aboutissement. Deux types de finition sont possibles (apprêts mouillés et apprêts secs) grâce au passage du tissu dans le foulon, l’essoreuse, la laineuse, la tondeuse-velouteuse ou encore la ratineuse.

Cette salle des apprêts illustre le travail de l’ennoblisseur en présentant différents "touchers" : Arraché, Velours/Tweed, Mousse de Velours, Taupé, Zibeline, etc.

La visite est animée par des démonstrations (carde à échantillonner, appareil à échevettes, ourdissoir, laineuse, garnisseuse, machine à cordonnets, banc de nouage, métiers à tisser manuels et mécaniques...) assurées par l’équipe du musée et d’anciens ouvriers réunis au sein du Comité Textile de Labastide-Rouairoux, qui transmettent toute leur passion du métier.

1er étage : Espace maille et commercialisation

Le visiteur est ensuite orienté au 1er étage du musée dans une ambiance plus chaleureuse grâce aux parquets de bois d’origine. Cet étage permet d’aborder la diversification de la production textile au travers de la filière Maille et la commercialisation des étoffes fabriquées dans le département. Divers produits finis y sont présentés pour le plaisir des yeux : vêtements de prêt-à-porter, ameublement, vêtements pour les sport, uniformes...

Le parcours du musée a pour objectif de placer l’homme au sein de son outil de production. Cet aspect est plus directement évoqué grâce à des documents d’archives et des photographies d’ouvriers du textile d’hier et d’aujourd’hui ; on soulignera les portraits photographiques de Dominique Delpoux, réalisés dans différentes usines textiles du département de 2005 à 2008. Des courts métrages et bandes sonores ponctuent le parcours afin de montrer la diversité des métiers et des savoir-faire du textile.

Un espace est réservé aux nouveaux matériaux textiles et aux créations d’artistes qui utilisent le matériau textile. Cette scénographie traduit la volonté d’inscrire le musée dans le présent.

Le temps estimé de visite est de 1h30 à 2h.